À l’orée de la pinède, le sous-bois débouche sur une langue sableuse marquant le début du cordon dunaire. La lumière des grains de quartz sous le plein soleil est aveuglante, rompant brutalement avec la fraîche pénombre de la forêt de pins.

Parmi les oyats qui fixent le sable de la dune, des astéracées, euphorbes et gaillets des sables ont colonisé ce haut de plage battu par le souffle océanique.

Sur les chardons bleus
ronron des hyménoptères
bourdons ou frelons ?

Le randonneur continue d’avancer vers la mer tandis que le vent d’ouest, qui souffle en rafales, vient rafraîchir l’atmosphère, orchestrant la voltige des grains de sable éoliens..

Sur l’estran, des pêcheurs aux leurres rangent leurs lancers comme le jusant débute. Les carnassiers, bars francs ou mouchetés, on quitté la zone de sortie de baïne, dans les brisants, au moment où le courant de vidange s’est accéléré.

Marée descendante
la chasse des bars prends fin
dans les eaux troublées

L’air océanique emplit les poumons, la houle est puissante et le fracas des séries les plus fortes pulvérise les embruns sur tout l’estran.

Cette marche dans les grandes algues laminaires, au contact des éléments marins, procure une véritable thalassothérapie naturelle dans ce vent du printemps.

Plus loin, la bêtise humaine; sur le sable gît une canette où figure un fier taureau rouge, un haïku vient au promeneur qui ramasse le détritus.

Bien plus qu’un red bull
l’air du large vivifie
le corps et l’esprit

Une matinée très ensoleillée débute sur la presqu’île tandis que se calme la brise d’Est qui a soufflé toute la nuit.

C’est une journée typique de Juin où le vent thermique du secteur Ouest a bien des chances de s’annoncer en début d’après-midi, tandis que le continent se réchauffe rapidement.

Les kitesurfers et véliplanchistes, en attente, effectuent des réglages et petites réparations sur les pelouses du haut de la dune.

Vers midi, c’est le calme plat avec une certaine torpeur sur le spot. Ici des siestes, là de la musique diffusée dans un Van, et des allés et venues de voitures. C’est un microcosme d’adeptes passionnés qui inspecte ainsi la mer lisse et le déroulé régulier de la houle.

Pas un souffle d’air
l’eau s’agite lentement
envol d’une mouette

Quelques surfers et bodyboarders ont profité de cette absence de vent pour prendre quelques vagues propres, d’autant que l’horaire de marée est favorable. Ils terminent leur session tandis que les conditions s’apprêtent à changer.

Vers 13 heures on aperçoit au loin quelques vaguelettes, la première risée d’ouest va arriver à la côte, l’atmosphère fraichit subitement.

Dans le bleu lointain
l’océan en mouvement
réveil des drapeaux

Tout le monde se met alors en action car les conditions d’ouest, bientôt établies, seront propices et idéales pour la voile. C’est un souffle régulier et modéré qui s’impose petit à petit.

Les véliplanchistes ont opté pour une voile grande surface et un flotteur assez long afin d’effectuer de longs ride sur la mer qui restera peu agitée, avec un clapot limité.

Vent d’ouest force quatre
grande vitesse bâbord amure
liberté des sens